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«Kai et Gerda»: la dernière pièce du Grand théâtre

Un miroir brisé, un cœur devenu de glace, un palais de neige. Et vingt-neuf comédiennes et comédiens d’Eben-Hézer Lausanne qui ont porté « Kai et Gerda » sur la scène d’Epalinges.

Les samedis 2 et 9 mai, la troupe d’Eben-Hézer Lausanne a joué « Kai et Gerda » à la grande salle d’Epalinges. Une libre adaptation de « La Reine des Neiges », le conte d’Andersen.

L’histoire tient en quelques lignes. Un diable brise un miroir. Les éclats percent le cœur des gens, dont celui de Kai, qui devient froid. La Reine des Neiges le repère et l’emmène dans son palais. Son amie Gerda part le chercher. Elle fait des rencontres étranges avant de le retrouver, et c’est son amitié qui finit par faire fondre la glace de son coeur.

« Ni Disney, ni tout à fait Andersen »

Alfonso D’Angelo, animateur au Centre de loisirs, a écrit le scénario, signé la mise en scène et composé les musiques. Marion et Jérémy l’ont accompagné dans la supervision du projet.

L’idée vient de son épouse, qui lui a mis entre les mains le livre de son enfance. Il a ensuite voulu lire la version originale d’Andersen, bien plus sombre et cruelle que celle qu’on raconte aux enfants. Le spectacle est un mélange des deux.

Sur scène

Vingt-neuf résidentes, résidents et travailleurs ont joué, musiciennes et musiciens compris. Le travail a commencé en janvier de cette année.

Manon Spozio tenait le rôle de la Reine des Neiges. C’est aussi elle qui a dessiné l’affiche du spectacle. Le costume, lui, n’a pas été de tout repos : elle a joué avec un collant sur la tête.

«Ce que j’aime dans le théâtre, c’est de mettre des costumes et de jouer le personnage.»  Manon Spozio

Face à elle, Théo Gaillard incarnait Kai. Il était venu voir la pièce l’année précédente et avait alors demandé à participer. Gilles Eichhorn quant à lui jouait le diable, après sept ans sans monter sur les planches.

«Ce n’est pas facile. Il faut faire beaucoup de gestes, être méchant. Jouer ce qu’on n’est pas.»  Gilles

Erica Fontana et Izzadine Abdallah étaient du côté des brigands. Erica a gagné de l’assurance et a diminué son trac ; quant à Izzadine, il déclare que les brigands le passionnent. Steaven Codray, qui se dit « timide », résume ce que le théâtre lui apporte.

«Le théâtre me réserve un autre rôle. Je peux jouer n’importe quoi.»  Steaven Codray

Le puzzle des coulisses

Jouer devant quatre cents personnes s’apprend. Alfonso D’Angelo y voit le premier bénéfice du théâtre : apprendre à gérer le stress. Le second, c’est le lien qui se noue entre des personnes qui, avant janvier, ne se parlaient pas forcément.

Mais le plus impressionnant ne se voit pas depuis la salle. Chaque comédienne, chaque comédien attend son tour assis, sans bouger, pendant que les décors se mettent en place.

«C’est comme une partition de musique: toutes les notes doivent être à leur place. Le spectacle le plus grand, il se passe en coulisses.»  Alfonso D’Angelo

À la fin, sur le plateau, tout le monde se prend dans les bras. Certains en pleurent et c’est ce qui est le plus touchant !

Interviews d’Alfonso D’Angelo et de la troupe :

Interviews réalisées par Caroline Goretta, membre de la Rédaction.

Kai et Gerda

Libre adaptation de « La Reine des Neiges » d’Andersen par la troupe d’Eben-Hézer Lausanne. Scénario, mise en scène et musiques : Alfonso D’Angelo. Affiche : Manon Spozio. Représenté les samedis 2 et 9 mai 2026 à 15 h, à la grande salle d’Epalinges.