art et culture

L’Affaire Bojarski

Le Cézanne de la fausse monnaie

Un émigré polonais, un atelier clandestin, et des faux billets plus beaux que les vrais. Une histoire vraie, vue au cinéma Les Galeries à Lausanne.

C’est en regardant une vidéo dans le bureau d’Omar que l’envie m’est venue d’aller voir ce film au cinéma. «L’Affaire Bojarski», c’est l’histoire vraie d’un homme de talent, rattrapé par la misère et la nécessité.

Bojarski vient de Pologne. C’est un inventeur hors du commun ! On lui attribue notamment l’invention du stylo à bille et des capsules de café. Mais c’est un mauvais commerçant. Dans son pays, il n’y a pas de travail. Il émigre en France, où il ne trouve pas davantage d’emploi. C’est là qu’il croise la route d’un gang de faux-monnayeurs.

Il commence par travailler pour eux, apprend les ficelles du métier. Puis, lassé de la violence du gang, il décide de s’installer à son compte. Il ouvre un atelier clandestin et fabrique ses propres faux billets seul, avec du papier OCB, du simple papier à cigarettes qu’on trouve chez n’importe quel buraliste. Il améliore aussi les processus pour ne pas se faire démasquer : écouler les faux billets un par boutique, jamais plusieurs au même endroit, pour ne pas attirer l’attention.

Ses billets sont si bien faits que certains disaient qu’ils étaient plus beaux que les vrais. On l’appellera d’ailleurs «le Cézanne de la fausse monnaie». Pendant quinze ans, toutes les polices de France le recherchent. Il mène une double vie : mari, père de famille d’un côté, faussaire clandestin de l’autre. Sa femme ne sait rien.

La police finit par le retrouver et il est condamné. Mais ce n’était pas un criminel comme les autres.

Mon impression

Ce film m’a beaucoup plu parce qu’il nous montre comment ça se passait avec les faux-monnayeurs. Ce qui m’a touchée, c’est cet émigré polonais qui s’est marié, qui a eu un enfant, et qui a caché à sa femme qu’il avait un atelier clandestin.

Pour moi, Bojarski n’était pas un hors-la-loi méchant avec des armes. Il était différent. C’était un inventeur plein de talent mais sans travail. Ne trouvant rien en France, il a pris le premier boulot qu’on lui a donné. C’est comme ça qu’il est tombé dans la clandestinité. Et finalement il est devenu son propre patron.

Ce qui m’a mis la puce à l’oreille dans le film, c’est la scène dans le bar. Le policier qui le cherchait ne savait pas que c’était lui Bojarski, et ils ont eu une discussion. Bojarski lui a dit : « De toute façon, vous allez un jour ou l’autre le rattraper. » Le policier n’a pas fait le lien.

Je comprends pourquoi il a fait ça. Il avait une famille à nourrir. Il ne pouvait pas rester sans rien faire. C’est un film très authentique. On en sort vraiment imprégné.

Caroline Goretta