institution, spiritualité

La journée au vert de l’aumônerie

Une forêt, un cours d’eau, une journée entière pour regarder l’année écoulée. Et l’équipe de l’aumônerie d’Eben-Hézer Lausanne qui prend congé de Marion Renggli, après de longues années.

Le jeudi 11 juin, l’équipe de l’aumônerie a passé la journée dans la nature, au milieu d’une forêt et au bord d’un cours d’eau. Au programme : le bilan de l’année écoulée, et les perspectives pour celle qui vient.

L’aumônerie propose des moments de prière et d’écoute aux personnes accompagnées.

La rivière comme fil rouge

Le matin, chacun a repris le fil de son année. Les apprentissages, les joies. Mais aussi les obstacles : la fatigue, l’incompréhension. A-t-on su faire preuve de souplesse pour les contourner, ou s’y est-on heurté ?

L’image de la rivière a servi de fil rouge à toute la journée. Une question est revenue : sommes-nous capables de laisser filer l’eau, c’est-à-dire d’accepter que les fruits de notre engagement nous échappent ?

Une autre a suivi : en quoi la vulnérabilité des personnes accompagnées bouscule-t-elle nos propres certitudes ?

L’après-midi, place à l’escape game. L’esprit d’équipe a tenu.

Au revoir à Marion

Ce jour-là, l’équipe a aussi pris congé de Marion Renggli, qui quitte l’aumônerie et le Centre de loisirs après de longues années au sein de la Fondation.

Pour clôturer la journée, l’aumônière Erica Csefalvay a lu un poème.

Hayette Weidmann, Educatrice à Rhapsodie, pour le conseil d’aumônerie

La source et la vulnérabilité

Poème d’Erica Csefalvay, aumônière

Il est une rivière que le monde ne sait pas voir.
Elle ne cherche ni la vitesse, ni la gloire des grands fleuves,
Elle coule au rythme des cœurs fragiles,
Dans le secret d’un espace où la faiblesse devient lumière.

Regardez la source.
Elle ne parle pas le langage des savants,
Elle jaillit dans le rire d’un visage connu ou reconnu,
Dans la pureté d’un regard sans fard,
Dans cette foi immédiate qui n’a pas besoin de grands mots pour aimer.

Seigneur, cette année encore, tes enfants que nous accompagnons nous ont désaltérés.
Ils ont été la source claire où notre propre foi est venue se purifier.

Écoutez le courant,
C’est le temps de la patience, le temps qui prend son temps.
La rivière ne force pas la roche, elle la caresse.
Elle dépose sur ses berges le limon sacré des instants partagés :
Un geste de paix esquissé, un chant fredonné,
Une main serrée qui en dit plus long qu’un grand discours.
Ce sont nos alluvions, notre trésor secret, le terreau fertile où Tu fais germer la joie pure.

Voyez les obstacles.
Le silence des mots qui manquent, la fatigue des corps,
Les digues de l’incompréhension que la société dresse.
Mais l’eau ne s’arrête pas. Elle contourne, elle invente, elle se fait symbole.
Elle devient regard, elle devient Présence.

Notre bilan n’est pas le calcul d’une performance,
Il est le récit de notre adaptabilité, de notre désir de s’engager pour un peu plus de sens.

Et maintenant la rivière s’ouvre.
Elle n’appartient à personne, elle se donne tout entière.
Celles et ceux que nous croyons accompagner sont devenus le fleuve qui nous emporte vers Toi.
Par leur vulnérabilité, ils brisent nos propres barrages, ils irriguent nos déserts et nous ramènent à l’essentiel.

Béni sois-Tu, Seigneur, pour l’eau vive de cette année.
Aide notre conseil à ne jamais retenir le courant, mais à couler, humblement, dans le lit de Ta tendresse.